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mercredi 6 juin 2012

Culture artistique : Comment analyser une oeuvre ?

Introduction :
  • Présenter l’œuvre dans son contexte historique/politique, courant/mouvement artistique et son auteur
  • Poser une problématique pertinente (sur le courant artistique, le but/l’enjeu de l’œuvre, son effet recherché), sous forme de question ou d’affirmation
Eléments à analyser* :
  • Le point de vue, focalisation (quel angle ? (frontal, plongée ou contre plongée ?) où est la ligne d’horizon ? où est le peintre/le spectateur par rapport à la scène ?)
  • La profondeur du champ (y a t-il un premier/arrière plan ? des plans intermédiaires ? comment la perspective est-elle utilisée ?)
  • Le cadrage (les points naturels d’intérêt sont-ils utilisé ? est-ce un cadrage caractéristique ? ex : cadrage photographique chez les impressionnistes, la toile a t-elle une forme particulière ? quels sont les éléments représenté ? un hors-champ est-il suggéré ?)
  • Le plan (est-ce un plan général (panoramique)/ moyen, (personnage en pied)/rapproché/gros plan ?)
  • La division du tableau (la scène se concentre t-elle à un endroit précis ? y a t-il beaucoup de vide ? les personnages sont-ils près de centre géométrique de la toile ? peut on diviser le tableau en plusieurs parties ?)
  • Les lignes directrices (y a t-il beaucoup d’éléments qui créer des lignes de force dans le tableau ? Les diagonales sont-elles mises en avant ?)
  • La lumière (d’où vient la lumière ? est-ce une source naturelle ou artificielle ? Y a t-il un jeu de clair-obscur ? peut-on en déduire l'heure de la journée?)
  • La répartition des couleurs et la palette de couleurs utilisée (y a t-il une harmonie d’analogie (couleurs proches ex : orange, jaune), une utilisation des complémentaires ? y a t-il un jeu de contraste ? y a t-il une dominante chaude/froide, un équilibre ? les couleurs utilisées ont-elle une symboliques ?)
  • Le style de représentation des personnages/éléments (les personnages sont t-ils représenter de façon fantaisiste/disproportionnée/réaliste/hyper réaliste?)
Conclusion :
  • Bilan de l'analyse
  • Ouverture (contexte historique/politique, courant/mouvement artistique, peintre, autre œuvres du peintre, autres œuvres traitant du même sujet/utilisant les mêmes techniques)
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*Construire votre plan :

Pour construire votre plan vous devez regrouper vos sous-parties (éléments analysés).

Soit par techniques (basique), vous organiser vos parties en fonction des techniques utilisées, puis donnez un sens à chaque élément analysé :
-      - Composition de l’image (cadrage, point de vue, division, profondeur, lignes)
-      - Eléments représenté (style de représentation, détails, symboles, plans)
        - Lumières et couleurs de l’image (palette, répartition)

Soit par thèmes (+ pertinent, à mettre en lien direct avec la problématique), vous organisez vos parties en fonction de l’effet recherché puis analyser chaque éléments :
Ex de thèmes au hasard :
-      - Ce qui met en avant l’effet de réel (cadrage, division, détails, représentation réaliste)
-      - Ce qui provoque l’effet de profondeur (plans, point de vue, lignes)
-      - Ce qui suppose un monde de surréel (couleurs, lumières, point de vue)
-       ....

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Remarques :

Attention : il ne faut pas faire trop de suppositions et tenter d’interpréter subjectivement ce que le peintre aurait pu vouloir dire dans son tableau. Il faut rester objectif et ne déduire seulement ce que l’on peut observer dans les méthodes et procédés artistiques utilisés dans le tableau.

Ne pas oublier : Illustrez vos propos par des schémas rapides (recopiez l'oeuvre très globalement dans ses grandes lignes et mettez en avant les éléments analysés). Un schémas pour chaque grande partie est l'idéal.

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Exemple d'analyse d'éléments : Les choristes de Degas par le très bon site internet www.peintre-analyse.com/






samedi 2 juin 2012

Fiche : Orphée de Cocteau (script du film)

Texte introuvable. De "Heurtebise: Méfiez vous, votre femme approche" à "Orphée: Les voilà! Je les attendais, les salopards".
Présentation

Jean Cocteau est un poète français du XXème siècle, artiste aux multiples talents, graphiste, dessinateur, dramaturge, mais aussi cinéaste (Orphée, La belle et la bête, scénariste de La princesse de Clèves). Il fut élu à l'Académie française en 1955. Comptant parmi les artistes qui ont marqué le XXe siècle, il côtoya la plupart de ceux qui animèrent la vie artistique de son époque. Il fut l'imprésario de son temps, le lanceur de modes, le bon génie d'innombrables artistes et posa sa touche inspirée sur tout ce qu'il créa avec une grâce particulière, une originalité de tous les instants et une intuition rare.

Le film Orphée est une transposition onirique par Jean Cocteau du célèbre mythe dans le Paris d'après-guerre. Poète reconnu de Saint-Germain-des-Prés, Orphée est envoûté par une princesse énigmatique qui n'est autre que la Mort. Pour elle, il délaisse sa femme, Eurydice. Mais la Princesse, comprenant l'impossibilité de leur amour, rend Orphée à Eurydice.

L’extrait présenté ici provient de la fin du film, le dénouement est proche. Le thème du regard menant à la mort est encore présent comme celui du destin et de la mort, incarné ici par la voix et les paroles étranges à la radio. Cet extrait conte la 2ème mort d’Eurydice (vue dans le rétroviseur) et celle d’Orphée (tué par une balle par les amis d’Eurydice). Heurtebise, un ami du couple y joue le rôle de l’intermédiaire.


Problématique
- Dimension tragique au mythe d’Orphée et d’Eurydice ?

Plan

I.    Un amour impossible
a)     L’amour caché d’Heurtebise
b)    Une conception différente de l’amour (Orphée # Eurydice)
c)     La passion d’Orphée pour la voix (la mort)

II.  Une tension à son comble, menée par le destin
a)     Les bruits omniprésents et importants
b)    L’intimité du couple et du lieu
c)     Des cris pour dépasser le destin

III.    Une mort inévitable pour destin
a)     Heurtebise, le passeur entre 2 mondes
b)    Le regard qui mène à la mort
c)     Orphée attiré par la mort

Fiche : Eurydice d'Anouilh, Pièces noires

Texte introuvable. Extrait de "Eurydice s'est levée, elle crie / Mon chéri !" à Je crachais à chaque fois que tu m'embrassais"
Présentation

Anouilh est un écrivain et dramaturge français du XXème siècle (1910-1987). Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est particulièrement abondante et variée : elle est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d'œuvres à la tonalité  dramatique ou tragique comme sa pièce la plus célèbre, Antigone, réécriture moderne de la pièce de Sophocle.

 Les pièces noires est une des séries thématiques du théâtre d’Anouilh. Cette série contient surtout des tragédies, elles montrent dans la gravité, l’affrontement des « héros » entourés de gens ordinaire. On y trouve trois reprises de mythes connus mais réactualisés.

L’extrait présenté ici provient de la pièce Eurydice, tragédie réactualisée du mythe d’Orphée et d’Eurydice.

Problématique

- En quoi cet pièce de théâtre est-elle une réécriture moderne tragique du mythe d'Orphée ?


Plan
I.    La réécriture d’un mythe, les invariants
a)     Deux amoureux (thème de l‘amour, périphrases, possessifs, didascalies sensuelles)
b)    Une dimension mythologique (« terrible comme les anges », « fuir les ombres »)
c)     Le regard qui mène à la mort (Anouilh semble donner une voix à l’Eurydice suivant Orphée à la sortie des enfers)
d)    Un discours inversée (tirade d’Eurydice, prière à Orphée = prière d’Orphée aux dieux, thèse soutenue explicite, éléments rhétorique : impératif, questions oratoires)

II.  Une dimension moderne omniprésente
a)     Le quotidien d’un couple moderne (routine, espace temporel moderne « après le spectacle »)
b)    Une femme libre et indépendante (« il est venu me chercher le soir après le spectacle » -> Eurydice travaille)
c)     Un vocabulaire moderne (maîtresse, amant à leur sens moderne)

III.    Une tragédie amoureuse
a)     2 conceptions différentes de l’amour (Elle : amour dans les moments simples de la vie de couple, amour de mot et de touché, Lui : idéaliste, amour parfait du regard, cherche en Eurydice ce qu’elle n’est pas)
b)    Une supplication, un chant d’amour plaintif (élément clé du tragique, registre élégiaque, ponctuation forte, « s’il te plait » et termes d’amour)
c)     Dulac, celui qui brise le couple (élément perturbateur de la tragédie, élément déclencheur de la dispute, il arrive soudainement, sentiment de dégout)

Fiche : Sur la mort de Marie de Ronsard "Terre, ouvre moi ton sein"

Terre, ouvre-moi ton sein, et me laisse reprendre
Mon trésor, que la Parque a caché dessous toi :
Ou bien si tu ne peux, ô terre, cache-moi
Sous même sépulture avec sa belle cendre. 
Le trait qui la tua devait faire descendre
Mon corps auprès du sien pour finir mon émoi :
Aussi bien, vu le mal qu'en sa mort je reçois,
Je ne saurais plus vivre, et me fâche d'attendre. 
Quand ses yeux m'éclairaient, et qu'en terre j'avais
Le bonheur de les voir, à l'heure je vivais,
Ayant de leurs rayons mon âme gouvernée. 
Maintenant je suis mort: la Mort qui s'en alla
Loger dedans ses yeux, en partant m'appela,
Et me fit de ses pieds accomplir ma journée.
Présentation 

Ronsard, « prince des poètes et poète des princes », est un écrivain du XVIème siècle (1524-1585) rattaché au mouvement littéraire de la Pléiade (avec Du Bellay). Ses poème charmaient les gens qui l’entouraient et firent de lui le favoris de la cours.

La pléiade est un courant poétique formé par un groupe de 7 poètes par volonté de donner à la langue française des chefs-d’œuvre poétique dignes des grecs et des latins. (Ronsard, Du Bellay)
Principes :
-     Renouveau de la poésie française
-     Inspiration de l’Antiquité
Thèmes :
-     Sentiments amoureux, voyages
-     Fuite du temps
-     Mythologie
Formes :
-     Sonnet/odes
-     Allégories & métaphores
-     Rythme et musicalité

Sur la mort de Marie est un recueil de poèmes en éloge à Marie, son 3ème amour qui venait de mourir.

L’extrait présenté ici est un extrait du 2nd livre des amours, c’est un poème illustrant le deuil du poète face à sa bien-aimée. C’est une supplication à la terre pour la retrouver (la faire revivre ou la rejoindre). 

Problématique
-     En quoi ce poème peut il être interprété comme une réécriture du mythe d'Orphée?

Plan

I.    Les invariants du mythe
a)     La mort de l’être aimé (Marie = Eurydice, « le trait qui la tua » = serpent, « sa belle cendre », allitération en M = mort)
b)    Un appel aux dieux (anaphore, impératif, registre élégiaque)
c)     L’envie de la rejoindre (la récupérer ou la rejoindre cf métamorphose d’Ovide « réjouissez-vous de frapper deux victimes », emphase « maintenant je suis mort », argument « je ne saurais plus vivre »

II.  La mort omniprésente
a)     Opposition vie/mort (terre nouricière au départ puis sépulture : déséquilibre dans le vers = les enfers) (Poème de Desportes cieux, ici terre, champ lexical terre, v5, 6 équilibré : ça aurait dû se passer comme ça suivit d’1 déséquilibre = mort)
b)    Le regard lié à la mort, thème inversé (mythe : regard qui fit perdre Eurydice=mort, ici regard = vie « ses yeux m’éclairaient, bonheur de les voir »

III.    Un discours porté par les sentiments
a)     L’amour pour convaincre (possessifs, oxymore « belle cendre », sensualité)
b)    Le bonheur de la vie (1er tercet : passé heureux, champ lexical lumière, yeux, symbole de la vie)

è Thèmes et éléments du mythe originel repris par Ronsard pour accentuer ses sentiments et son histoire.
è Différent genre littéraire, on retrouve aussi ce mythe dans l’art, les peintures, la mosaïque, la musique, les opéras. 

Fiche : Les Géorphiques de Virgile livre IV

Edmond Dulac, Orphée
"C'est une divinité qui te poursuit de sa colère : tu expies un grand forfait; ce châtiment, c'est Orphée, qu'il faut plaindre pour son sort immérité, qui le suscite contre toi, à moins que les Destins ne s'y opposent, et, qui exerce des sévices cruels pour l'épouse qu'on lui a ravie. Tandis qu'elle te fuyait en se précipitant le long du fleuve, la jeune femme, - et elle allait en mourir, - ne vit pas devant ses pieds une hydre monstrueuse qui hantait les rives dans l'herbe haute. Le choeur des Dryades de son âge emplit alors de sa clameur le sommet des montagnes; on entendit pleurer les contreforts du Rhodope, et les hauteurs du Pangée, et la terre martiale de Rhésus, et les Gètes, et l'Hèbre, et Orithye l'Actiade. Lui, consolant son douloureux amour sur la creuse écaille de sa lyre, c'est toi qu'il chantait, douce épouse, seul avec lui-même sur le rivage solitaire, toi qu'il chantait à la venue du jour, toi qu'il chantait quand le jour s'éloignait.
Il entra même aux gorges du Ténare, portes profondes de Dis, et dans le bois obscur à la noire épouvante, et il aborda les Mânes, leur roi redoutable, et ces coeurs qui ne savent pas s'attendrir aux prières humaines. Alors, émues par ses chants, du fond des séjours de l'Érèbe, on put voir s'avancer les ombres minces et les fantômes des êtres qui ne voient plus la lumière, aussi nombreux que les milliers d'oiseaux qui se cachent dans les feuilles, quand le soir ou une pluie d'orage les chasse des montagnes : des mères, des maris, des corps de héros magnanimes qui se sont acquittés de la vie, des enfants, des jeunes filles qui ne connurent point les noces, des jeunes gens mis sur des bûchers devant les yeux de leurs parents, autour de qui s'étendent le limon noir et le hideux roseau du Cocyte, et le marais détesté avec son onde paresseuse qui les enserre, et le Styx qui neuf fois les enferme dans ses plis. Bien plus, la stupeur saisit les demeures elles-mêmes et les profondeurs Tartaréennes de la Mort, et les Euménides aux cheveux entrelacés de serpents d'azur; Cerbère retint, béant, ses trois gueules, et la roue d'Ixion s'arrêta avec le vent qui la faisait tourner.
Déjà, revenant sur ses pas, il avait échappé à tous les périls, et Eurydice lui étant rendue s'en venait aux souffles d'en haut en marchant derrière son mari (car telle était la loi fixée par Proserpine), quand un accès de démence subite s'empara de l'imprudent amant - démence bien pardonnable, si les Mânes savaient pardonner ! Il s'arrêta, et juste au moment où son Eurydice arrivait à la lumière, oubliant tout, hélas ! et vaincu dans son âme, il se tourna pour la regarder. Sur-le-champ tout son effort s'écroula, et son pacte avec le cruel tyran fut rompu, et trois fois un bruit éclatant se fit entendre aux étangs de l'Averne. 
Traduction de Maurice Rat (1932)

Présentation

Virgile, écrivain et poète latin

Les Géorgiques est un long poème didactique dont le thème principal est l’agriculture et l’éloge à la nature.

L’extrait présenté ici provient du livre IV, souvent nommé « les abeilles » ou « le rucher » il retrace l’histoire d’Aristée et par la même occasion celle d’Eurydice et d’Orphée. L’extrait étudié est un discours encadré de Protée qui compte l’histoire du couple au jeune berger qui cherche à se repentir de la mort d’Eurydice.

Problématiques


-      Comment l’héroïsme d’Orphée est-il mis en avant ? (dimension épique)

-      Quelle image du poète donne Virgile dans ce texte ?


      Plan

I. Un mythe
A) invariants & variant
-(définir la notion d’invariants)
-confiance bafouée
-Eurydice tué alors qu’elle court pour échapper à Aristée par une créature.
-Orphée s’élançant dans les ténèbres à la suite d’Eurydice car il ne peut pas supporter la souffrance provoqué par son absence.
-Présence de variant qui définit les traditions orales : hydre-serpent
B) Un mythe conté
-Protée conte l’histoire à Aristée et lui explique la source de son problème: « C’est une divinité qui te poursuit de sa colère ». Aristée doit subir « un châtiment » (l.1)
-Protée est subjectif et s’adresse à Eurydice dans le texte pour donner une nouvelle dimension à son récit en appuyant sur la souffrance d’Orphée : répétitions: « C’est toi qu’il chantait, douce épouse…C’est toi qu’il chantait…C’est toi qu’il chantait».

II. Le Royaume des morts
A) Une ambiance distincte
-champ lexical des ténèbres : obscure, noire, soir…
- Une ambiance close, presque étouffante : « aux gorges du Ténare, portes profondes du Dis » « bois obscur à la noire épouvante »…
-Immensité des Enfers principalement ressentie par les énumérations de lieux et la profusion d’adjectif s’attachant à ses lieux.
B) Le destin et la place des divinités
-Proserpine : déesse des enfers, enlevée par le dieu des enfers Hadès et présente aux enfers seulement durant l’Hiver et l’Automne.
- Dimension divine marquée dans le mythe : « à moins que les destins ne s’y opposent », « Divinité qui te poursuit de sa colère »-> son châtiment est de nature divine, présence des Dieux dès les premières lignes.
-« Une démence subite s’empara » : Orphée, qui a réussi à faire plier les morts et ses dieux, ne peut plus se contrôler, malgré ses prédispositions et sa puissance irréfutable.
C) La Nature
-« La creuse écaille de sa lyre » : présence de la nature dans la lamentation d’Orphée.
- distinction entre la nature du royaume des morts et celui des vivants (« rives, herbes hautes, le long du fleuve, jour » : le royaume des morts semble plus sombre (c.f champ lexical des ténèbres).
- thématique de la lumière récurrente dans tous le texte : Même lorsqu’Orphée est encore dans le monde des vivants et se lamente sur sa lyre de la mort d’Eurydice,  la lumière arrive pour mieux disparaitre « à la venue du jour…quand le jour s’éloignait ».  Ce point est accentué dans les ténèbres où le jour n’apparait plus, remplacé par un éternel « soir ».
- Champ lexical du son et de l’eau : nature vivante

III. Héroïsme
A) La puissance d’Orphée arrête tous les supplices
-« Cerbère retint béant ses trois gueules » : le gardien redoutable des Enfers se plie au chant d’Orphée
-« Roue d’Ixion s’arrêta avec le vent qui la faisait tourner » : Orphée influence aussi la nature avec sa plainte : le vent arrête de souffler comme pour offrir un silence total à la plainte d’Orphée.
-« Euménides aux cheveux entrelacés de serpents d’azurs » : les créatures normalement insensibles sont touchées par les lamentations d’Orphée.
B) Des habitants qui ne peuvent pardonner
-« Si les Mânes savaient pardonner »
-« leur roi redoutable » « et ces cœurs qui ne savent pas s’attendrir aux prières humaines ».
-Diversités de morts montrant que le Royaume des morts n’épargne personne.
C) Des adversaires redoutables qui sont charmés !
- profusion de morts désignés comme « ombres minces » « fantômes » qui semblent franchir « l’onde paresseuse qui les enserre » et le « Styx qui les enferme » pour rejoindre et suivre le chant d’Orphée.
-« Il avait échappé à tous les périls » : mise en avant qu’il avait réussi à charmer et attendrir les créatures les plus redoutables.
-« Car telle est la loi fixée par Proserpine » : même les dieux remarquent la puissance d’Orphée et lui permette de sortir des enfers en suivant une nouvelle alternative bien qu’Orphée se soit aventuré dans le Royaume des morts et ait bouleversé son fonctionnement durant cette même visite.

è Mise en avant de l’héroïsme d’Orphée mise en avant par Protée.
è La nature, tourné vers les enfers a certains de ces éléments attirés par le pouvoir d’Orphée. Les Habitants attirés par Orphée et les supplices du Royaume des morts s’arrêtant.
è Relation entre Orphée et la Dryade Eurydice : accentue une vision d’un poète qui souffre, enfermés dans ses propres lamentations attisés par sa souffrance.

Fiche : Les métamorphoses d'Ovide livre X

Jean Baptiste Camille Corot 
«O divinités de ce monde souterrain où retombe tout ce qui naît pour mourir, souffrez que laissant les détours d'une éloquence artificieuse, je parle avec sincérité. Non, ce n'est pas pour voir le ténebreux Tartare que je suis descendu sur ces bords. Non, ce n'est pas pour enchaîner le monstre dont la triple tête se hérisse des serpents de méduse. Ce qui m'attire, c'est mon épouse. Une vipère, que son pied foula par malheur, répandit dans ses veines un poison subtil, et ses belles années furent arrêtés dans leur cours. J'ai voulu me résigner à ma perte ; je l'ai tenté, je ne le nierai pas : l'Amour a triomphé. L'Amour ! il est bien connu dans les régions supérieures. L'est-il de même ici, je l'ignore : mais ici même je le crois honoré, et si la tradition de cet antique enlèvement n'est pas une fable, vous aussi, l'Amour a formé vos noeuds. Oh ! par ces lieux pleins de terreur, par ce chaos immense, par ce vaste et silencieux royaume, Eurydice ! ... de grâce, renouez ses jours trop tôt brisés ! Tous nous vous devons tribut. Après une courte halte, un peu plus tôt, un peu plus tard, nous nous empressons vers le même terme... C'est ici que nous tendons tous... Voici notre dernière demeure, et vous tenez le genre humain sous votre éternel empire. Elle aussi, quand le progrès des ans aura mûri sa beauté, elle aussi pourra subir vos lois. Qu'elle vive ! c'est la seule faveur que je demande. Ah ! si les destins me refusent la grâce d'une épouse, je l'ai juré, je ne veux pas revoir la lumière. Réjouissez-vous de frapper deux victimes !»
Il disait, et les frémissements de sa lyre se mêlaient à sa voix, et les pâles ombres pleuraient. Il disait, et Tantale ne poursuit plus l'onde fugitive, et la roue d'Ixion s'arrête étonnée, et les vautours cessent de ronger le flanc de Tityus, et les filles de Bélus se reposent sur leurs urnes, et toi, Sisyphe, tu t'assieds sur ton fatal rocher. Alors, pour la première fois, des larmes, ô triomphe de l'harmonie ! mouillèrent, dit-on, les joues des Euménides.
Traduction de Louis Puget, Chevriau et Fouqier (1876) modifiée sur un certain nombre de points par Agnès Vinas (2005)


Présentation

Ovide, en latin Publius Ovidius Naso est un poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain (de 43 av JC à 17 après JC).

Les Métamorphoses est un long poème épique, l'œuvre comprend 15 livres et décrit la naissance et l'histoire du monde depuis le Chaos originel jusqu'à l'apothéose d'Auguste César. C’est un recueil d’histoires et légendes sur les Dieux et les héros de l’Antiquité.

L’extrait présenté ici provient du livre X, c’est l’histoire d’Orphée qui se poursuit dans le livre XI.
C’est un texte à la 1ère personne, un discourt argumentatif direct d’Orphée à Hadès et Perséphone, une supplication dans le but de retrouver Eurydice.

Problématique
En quoi le discours d'Orphée est-il efficace?

Plan
I.    Une organisation spécifique du texte
a)   Organisation logique (thèse,  thèse rejeté, apostrophe = annonce d’une argumentation, types de discours, raisonnement déductif)
b)   Organisation énonciative (paroles directes, présence d’Orphée et des dieux, marque de jugement : croyance, certitude)

II.  Sincérité et respect
a)     Sincérité (annonce de sa sincérité : sincérité # éloquence artificieuse, je ne le nierais pas, reconnaît qu’il dépasse les limites des vivants)
b)    Respect (apostrophe, reconnaît la puissance des dieux et des enfers, hommage au rôle des dieux infernaux)
c)     Flatterie (puissance des dieux et des enfers presque hyperbolique)

c)    L’amour point central de l’argumentation
a)     l’amour qui guide Orphée (périphrase « mon épouse », répétition amour, personnification de l’amour qui le pousse à défier les dieux, supplication, discours élégiaque, amour + fort que la mort)
b)   L’amour, relation entre 2 mondes (cite les lieux en les unissant, prend à témoin l’amour des dieux et leur histoire),
c)   Un chant au service de l’amour (conséquences de son chant sur les damnés, « et » accumulation)

è puissance de la vérité, amour et respect qui émeut les cœurs de pierre
è texte fondateur de la poésie lyrique